C’est fait. La ligne de la Roya est (enfin) adoptée

Un Regionale Trenitalia croise un TER SNCF en gare de Tende. Crédit photo : Gabriel Pardi, via la page Facebook « La Cuneo Nizza Unisce ».
Un Regionale Trenitalia croise un TER SNCF en gare de Tende. Crédit photo : Gabriel Pardi, via la page Facebook « La Cuneo Nizza Unisce ».

C’est fait. Ce mercredi 18 février 2026, le Sénat a définitivement adopté le projet de loi autorisant la ratification de la nouvelle convention franco-italienne sur la ligne ferroviaire transfrontalière Vintimille-Breil-Cuneo. Un texte qui enterre un accord de 1970 devenu poussiéreux et, surtout, qui sécurise l’avenir d’une artère vitale pour la vallée de la Roya.

En milieu de journée, l’ambiance dans l’hémicycle était à la satisfaction générale. Le ministre des Transports, Philippe Tabarot, présent pour l’occasion, a salué un vote qui intervient après un « travail remarquable réalisé en commission des affaires étrangères ». Devant les sénateurs, il a retracé les étapes de ce dossier qu’il avait érigé en priorité dès son arrivée au gouvernement.

« Je me réjouis que nous examinions aujourd’hui et que vous votiez en séance publique ce projet de loi », a déclaré le ministre. Tabarot s’est félicité d’un accord qui « mettra fin à plus de quinze ans d’incertitude sur le financement de l’exploitation et des investissements sur la ligne », permettant ainsi d’« engager la réalisation des travaux nécessaires pour rétablir un plus haut niveau de service sur l’ensemble du tracé ».

La clé de la répartition des coûts

Jusqu’ici, l’accord bilatéral datait de 1970 et prévoyait que l’entretien de la partie française de la ligne soit intégralement à la charge de l’Italie – une logique héritée de l’après-guerre. Résultat : face à ce déséquilibre, Rome et le Piémont avaient réduit la voilure sur les investissements, et la ligne avait souffert, avec l’imposition d’une vitesse maximale de 40 km/h sur le tronçon français, comme le rappelait la députée Alexandra Masson dans une interrogation à l’Assemblée Nationale le 8 avril 2025.

Signée à Milan le 12 avril 2024, la nouvelle convention change la donne. Comme l’avait expliqué le ministre de l’Europe Jean-Noël Barrot lors de sa présentation en Conseil des ministres le 4 février, elle modernise le cadre juridique pour le mettre en conformité avec les évolutions institutionnelles des deux pays, mais surtout, elle répartit les charges d’entretien de manière « équilibrée », en fonction de l’utilisation réelle de l’infrastructure par chaque pays . « Le renforcement de la gestion concertée de cette ligne est une excellente nouvelle pour les collectivités et les populations locales », avait alors commenté Barrot, cité le 5 février par l’hebdomadaire Les Petites Affiches.

Un été de réouvertures prometteur

Ce nouvel accord, qui bénéficie directement aux habitants de la vallée de la Roya et de la Vermenagna, vient couronner une année 2025 déjà riche en bonnes nouvelles pour le rail local. Dans son discours, Philippe Tabarot a rappelé que ce texte permettra « d’améliorer le service sur cette ligne stratégique après la réouverture du tunnel de Tende et celle du Train des Merveilles ».

Le tunnel du col de Tende avait rouvert le 28 juin après d’importants travaux, et la liaison Nice-Tende, le célèbre « Train des Merveilles », avait repris du service le 15 décembre suivant quinze mois de chantier, comme le soulignait un article du Petit Journal le 4 février . La convention votée ce mercredi doit désormais permettre de passer à la vitesse supérieure sur l’ensemble du tracé.

Rendez-vous à Toulouse en avril

Ce vote au Sénat n’est pas qu’une affaire locale. Il arrive à point nommé dans le calendrier diplomatique. L’Italie avait déjà ratifié le texte de son côté, le Sénat de la République ayant donné son feu vert le 5 mars 2025 . La France était donc attendue au tournant.

Avant le prochain grand rendez-vous bilatéral, ce geste prend une dimension symbolique forte. Emmanuel Macron et Giorgia Meloni sont en effet attendus à Toulouse les 9 et 10 avril pour un sommet franco-italien consacré à la coopération spatiale, mais aussi au renforcement plus global des liens entre les deux pays . Cette ratification participe activement à la dynamique insufflée par le traité du Quirinal, entré en vigueur le 1er février 2023, visant à structurer la relation bilatérale .

« Avant le prochain sommet franco-italien, cette approbation participera au renforcement de la coopération bilatérale », a conclu Philippe Tabarot depuis l’hémicycle, saluant une « nouvelle avancée pour la mobilité transfrontalière, pour les échanges locaux et pour l’économie touristique des Alpes-Maritimes ». Le texte doit désormais être promulgué pour entrer pleinement en vigueur.