À la Saint-Valentin, Vintimille rouvre son “Sentier des Amoureux”

Le sentier qui mène à la plage des Calandre (photo Città di Ventimiglia, Porta d'Italia - Porte d'Italie)
Le sentier qui mène à la plage des Calandre (photo Città di Ventimiglia, Porta d'Italia - Porte d'Italie)

À Vintimille, on coupe les rubans comme on écrit des cartes postales. Cette fois, ce sera un 14 février. À 11 heures précises, jour de la Saint-Valentin, la municipalité inaugurera la réouverture du sentier reliant le port de Cala del Forte à la plage des Calandre. Fermé depuis des années, rongé par l’abandon et les risques liés à la paroi rocheuse, le passage redevient praticable. Et symbolique.

Car ce n’est pas qu’un chemin. C’est une ligne de fuite entre béton et sable, entre yachts et galets, entre carte touristique et mémoire locale. Un sentier qui descend vers l’une des rares plages sablonneuses du Ponant ligure. Une respiration.

L’intervention, décidée sous l’administration Scullino et menée à terme par l’équipe du maire Di Muro, a consisté à sécuriser la paroi rocheuse. Traduction : faire taire le danger pour rendre la mer à ceux qui la regardent d’en haut. La municipalité parle d’« un moment important qui restitue à la citoyenneté et aux touristes l’un des parcours les plus suggestifs de la ville ». Le mot est lâché : restituer.

Restituer quoi ? Un droit de passage. Une continuité urbaine. Un morceau de paysage confisqué par le temps, les procédures, les éboulements et les silences administratifs.

Baptisé pour l’occasion « passeggiata degli innamorati », le sentier s’offre un storytelling municipal. L’amour comme argument d’urbanisme. L’amour comme marketing territorial. Mais derrière la formule, il y a une évidence : marcher entre le port et les Calandre, c’est traverser une frontière invisible. Celle entre la ville reconstruite autour de Cala del Forte et la plage sauvage des Spiaggia delle Calandre.

La réouverture dit quelque chose de plus vaste : la reconquête des marges. Dans ces villes suspendues entre mer et falaise, chaque sentier est un acte politique. On ne rouvre pas seulement un passage. On rouvre une possibilité.

Samedi, à 11 heures, il y aura des discours. Des photos. Des poignées de main. Puis les premiers pas. Et peut-être, au bout du chemin, cette sensation simple : la mer, enfin, sans détour.