Léon XIV sur le Rocher : le Pape fait sa première visite à Monaco

Le souverain pontife accueille le souverain monégasque au Vatican (Photo : Mario Tomassetti/Vatican Media/ABACAPRESS.COM)
Le souverain pontife accueille le souverain monégasque au Vatican (Photo : Mario Tomassetti/Vatican Media/ABACAPRESS.COM)

Quatre mois après avoir béni des foules à Istanbul et Beyrouth, le nouveau chef de l’Église catholique posera le 28 mars ses valises (pour moins de 24 heures) dans la cité-État méditerranéenne. Une première historique : jamais un Souverain pontife n’avait foulé le sol monégasque. L’info, confirmée ce mercredi par le Saint-Siège, le Palais Princier et le diocèse local, a été accueillie avec la ferveur compassée qu’on imagine dans la principauté.

Un « attachement séculaire » et une invitation princière

C’est lors d’une audience privée au Vatican, le 17 janvier dernier, qu’Albert II a glissé l’invitation. Depuis, les rouages diplomatiques des deux plus petits États du monde ont œuvré pour caler cette visite éclair, veille du dimanche des Rameaux. Dans leurs communiqués, le Palais et l’Église monégasque rivalisent de formules solennelles pour qualifier ce moment : « signe fort d’espérance », « esprit de dialogue », ou encore « relations anciennes et confiantes ».

Le diocèse local, dans un article de France 3 Régions, lui, rappelle les « siècles » de collaboration entre la dynastie des Grimaldi et les « Successeurs de Pierre ». Une histoire commune que l’on fait remonter à 1247 et une autorisation papale (Innocent IV) pour une première paroisse, en passant par 1887 et la création du diocèse par Léon XIII. En 2027, on soufflera d’ailleurs les 140 ans de cette création et les 780 ans de la paroisse. Le timing est parfait.

Catholicisme d’État et « écologie intégrale » : les paradoxes monégasques

Si la visite réjouit les autorités, c’est aussi parce qu’elle met en lumière une spécificité locale : Monaco est l’un des derniers bastions européens où le catholicisme est religion d’État. La constitution de 1962 garantit certes la liberté de culte aux 38 000 habitants, mais l’Église y reste, selon ses propres mots, « centrale et vivante, souvent méconnue du public ».

Le diocèse insiste d’ailleurs sur les « engagements partagés » entre le Prince et le Pape : « respect de la vie humaine de ses débuts à sa fin », « écologie intégrale » (un thème qui verdit d’image du Rocher), et même « passion pour le sport ». De quoi faire sourire les mauvaises langues, qui pourraient pointer le décalage entre la morale catholique et le faste parfois ostentatoire de la principauté.

Mais pour l’heure, c’est l’unisson. Les autorités soulignent que cette visite précédera deux anniversaires clés pour le diocèse en 2027, et qu’elle vise surtout à renforcer des liens diplomatiques vieux de près de 140 ans. Le programme détaillé de ce déplacement express n’a pas encore été dévoilé. On ignore si le Pape ira saluer les stars du Sporting ou s’il se contentera des fastes plus feutrés du Palais.