Entre une ouverture du col de Tende toujours restreinte et des détours kilométriques épuisants, relier Nice ou Imperia à Turin relevait jusqu’ici du chemin de croix. Mais à l’approche de Pâques, une bouffée d’oxygène s’annonce sur l’asphalte : la fin des chantiers sur l’A6 promet un retour à la normale après six ans de galère.
Pour l’automobiliste azuréen ou ligure, la route vers le Piémont ressemble depuis trop longtemps à une punition géographique. Avec un col de Tende aux abonnés absents, le voyageur est condamné à l’exil côtier, contraint de contourner la montagne par Vintimille puis Savone. Un détour de plus de 230 kilomètres où chaque kilomètre semble peser le double, la faute à une autoroute A6 — la célèbre « Verdemare » — transformée en un interminable goulot d’étranglement. Mais le vent tourne.
Six ans de purgatoire
C’est une petite révolution qui se dessine pour le week-end pascal. Comme le rapporte le quotidien numérique TargatoCN dans son édition du 18 mars 2026, la Torino-Savona sera enfin praticable sur deux voies de circulation après six années de travaux et de restrictions chroniques. Ce « serpent d’asphalte » qui relie la mer à la montagne, meurtri par les chantiers de sécurisation et les viaducs en réfection, s’apprête à retrouver sa pleine capacité.
Cette annonce, confirmée par les autorités gestionnaires, met fin à une période de saturation qui avait fini par décourager les échanges transfrontaliers, étouffant l’économie touristique entre la Riviera et les Langhe.
La surprise de Pâques
L’information sonne comme une délivrance pour les usagers réguliers. Dans un article paru également ce 18 mars, Torino Cronaca qualifie cette réouverture de véritable « surprise de Pâques » pour les automobilistes piémontais et ligures. Selon le journal turinois, la fluidité sera restaurée jusqu’à la Ligurie, permettant d’effacer les bouchons rituels qui transformaient chaque départ en week-end en test d’endurance nerveuse.
Il ne s’agit pas seulement d’un confort de conduite, mais d’une nécessité vitale pour un axe qui, faute d’alternative ferroviaire ou routière efficace via les cols, porte sur ses épaules tout le poids du trafic entre Turin et le littoral.
Un rythme de croisière pour les week-ends
La logistique de cette remise en service se veut pragmatique. La Guida précise que si deux chantiers restent « inamovibles » côté piémontais (entre Mondovì et Niella Tanaro, et entre Ceva et Millesimo), ils seront réorganisés dès la fin du mois. L’objectif est clair : garantir deux voies par sens de circulation durant les pics de trafic.
Le dispositif de sécurité est chirurgical : à partir du 1er avril, pour tous les grands week-ends (Pâques, 25 avril, 1er mai, 2 juin), la pleine capacité sera assurée du vendredi 14h au lundi midi. Bien que quatre zones de travaux persistent sur le tronçon ligure, la priorité sera donnée au flux dominant pour éviter l’asphyxie.
Si le calvaire du tunnel de Tende reste une plaie ouverte dans la coopération transfrontalière, cette respiration sur l’A6 offre au moins une alternative viable. En attendant que la montagne ne s’ouvre de nouveau au centre, c’est par l’autoroute que le lien se ressoude.
En résumé, si la route vers Turin reste un détour, elle cesse enfin d’être un entonnoir. Pour zAlp, ce déblocage de la Verdemare est plus qu’une nouvelle routière : c’est le signal que l’arc transfrontalier peut enfin recommencer à circuler sans avoir l’impression de reculer.
