À l’est du département des Alpes-Maritimes, les habitants de la province se serrent les coudes pour une meilleure sécurité du territoire. Non, ce ne sont pas les grands-mères qui squattent les bancs des jardins publics qui deviendront des 007 du village, mais un système plus organisé. Le projet, né pour faire face aux problématiques sécuritaires du territoire, a été signé en Préfecture ce 11 mars. Retour sur une initiative promue par le préfet de la province d’Imperia.
Si les villages des Alpes-Maritimes sont déjà familiers du dispositif officiel de « Participation Citoyenne », les groupes WhatsApp informels y montrent parfois leurs limites car les habitants ne peuvent pas prendre la place de la machine sécuritaire. Le vent est en train de changer dans la province d’Imperia, en Ligurie, où hier, 11 mars, a été signé sous le regard du préfet Antonio Giaccari, une sorte de convention citoyen-État. Comme rapporté par le journal Riviera24 dans un article paru hier, le préfet s’est félicité de cet aboutissement, plaidant pour une meilleure sécurité urbaine, avec l’étroite collaboration des citoyens.
Prévenir plutôt que sévir : le maillage des « coordonnateurs »
Loin des fantasmes de milices privées — comme on le voyait à l’époque des collabos ou des chemises noires et que, malheureusement, ces initiatives d’auto-justice « ultradroite approved » réapparaissent ici et là — le dispositif repose ici sur une architecture rigoureuse. Selon les détails fournis par Riviera24, dix-huit maires de la province — dont ceux de Vintimille, Bordighera, Dolceacqua et tant d’autres — ont apposé leur signature sur ce protocole qui définit des règles du jeu très claires.
Le rôle du citoyen ? Observer et rapporter, mais jamais intervenir. Il ne s’agit nullement de mettre en place des rondes de nuit donc des coups de rangers, ou de permettre aux habitants de se substituer aux forces de l’ordre. Le préfet Antonio Giaccari a d’ailleurs été on ne peut plus clair sur l’esprit de cette collaboration en déclarant que ce protocole représente un outil de « prévention partagée » visant à « accroître le sentiment de sécurité à travers une présence active et consciente sur le territoire ».
Concrètement, chaque quartier volontaire désigne des coordonnateurs. Ces derniers servent de filtres : ils recueillent les signalements de comportements suspects ou de situations de dégradation et les transmettent directement aux autorités locales. Comme l’indique la source ligure, ce « contrôle de voisinage » vise avant tout à recréer un lien de confiance là où l’anonymat urbain laissait place à l’insécurité.
Un front commun contre la petite délinquance
L’enjeu n’est pas seulement sécuritaire, il est social. Dans un territoire où la géographie complexe des vallées ligures peut parfois ralentir les interventions, ce maillage humain devient un multiplicateur de force. Toujours selon le récit de Riviera24, les maires présents ont souligné que ce protocole permet de cibler des problématiques précises : cambriolages, actes de vandalisme ou encore abandons de déchets.
Mais l’humain ne fait pas tout. Dans cette alliance à quatre, les municipalités s’engagent également sur le plan technique à travers le renforcement de la vidéosurveillance. Le préfet a précisé que le Comité pour l’ordre et la sécurité publique deviendrait le centre névralgique de ce dispositif, servant de « siège d’analyse et de suivi » pour vérifier l’efficacité des stratégies. L’idée est de pouvoir « corriger le tir si quelque chose ne va pas », assurant ainsi une flexibilité face à l’évolution de la criminalité locale.
Vers une sécurité « partagée »
En signant ce protocole, la province d’Imperia fait un pari : celui de la responsabilité. Comme le conclut l’analyse du quotidien transalpin, le succès de l’opération dépendra de la discipline des participants. Car si la ligne est ténue entre la surveillance bienveillante et la délation systématique, le cadre posé en préfecture ce 11 mars semble vouloir verrouiller toute dérive.
Entre Vintimille et les sommets de l’arrière-pays, les sentinelles sont désormais officielles. Le message est passé: dans la province d’Imperia, la sécurité n’est plus seulement une affaire de gyrophares, mais un contrat de confiance signé au coin de la rue.
